La dynamique du débat contradictoire

vendredi, janvier 03, 2014
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Black History: Awkward Reflections (part 1)

J’apprécie personnellement le contenu et l’autorité intellectuelle avec laquelle Mr Macaire Lemdja adresse ce qu'il appelle judicieusement : « Avis à tous les Forumistes » du groupe Le Cameroun c'est le Cameroun (LCCLC) et qu'il publie le 19 Décembre 2013.

Vous trouverez donc ci-dessous le texte intégral de cet avis et mon commentaire.





« Un forum est une plateforme d'échanges régi par des règles communes acceptées par tous ceux qui ont décidé librement d'y participer. Il ne s'agit donc pas de l'agrégation de nos règles individuelles ni de nos pulsions épidermiques respectifs mais d'une fusion sans contrainte dans un ensemble fixé et connu à l'avance par chacun des adhérents.

S'il y a débat dans ce FORUM, il l'est et sera contradictoire, sans concession surement, ferme nous l'imaginons, décapant parfois mais il doit et devra être respectueux des citoyens, de la République, des institutions, des personnes qui les incarnent et de leurs opinions.

Nous ne pouvons construire une Nation, œuvre humaine perfectible et surtout un État de droit dont les règles ont été écrites par des hommes imparfaits héréditairement et congénitalement si nous ne respectons pas nos institutions.

Si nous le faisons aujourd'hui, d'autres, pour les mêmes raisons, le feront demain et après-demain.

La critique c'est bien mais lorsqu'elle est constructive et responsable c'est encore mieux. Naturellement elle sera audible car crédible.

Que nul n'en ignore. Nous veillerons à ce qu'il en soit toujours ainsi. Nous vous demandons d'être propre, respectueux aussi bien sur vos murs respectifs et canaux communicationnels jusqu'à présent usités que dans notre forum LCCLC.

LCCLC n'est pas et ne sera pas , comme le souhaitent ou le voudraient certains, un dépotoir d'immondices ou de diarrhées verbales et encore moins un lieu voire l'épicentre de règlements de compte personnel mais une plateforme de l'excellence dans l'échange, le partage, le donner et le recevoir.

Nous disons donc à ceux et celles qui ont un agenda caché ou un calendrier précis dans ce sens ATTENTION, MBOUT NA SICK. 

Nous n'aurons plus la main tendre car nul n'est indispensable. La nature ayant toujours horreur du vide. Nous pouvons tous le vérifier après une disparition, une séparation. Nous avons jusqu'à présent usé de la pédagogie en vain mais maintenant nous sifflons la fin de la RECRÉATION si elle existait pour certains.

A l'aube de la nouvelle année 2014 que nous vous souhaitons meilleure dans tous les domaines de vos vies, nous espérons qu'en cette période de fêtes, temps propice également à la réflexion, chacun fera son introspection, son bilan afin de donner le meilleur de lui-même.

PLACE DONC AUX DÉBATS CONTRADICTOIRES DANS LE RESPECT DE LA RÉPUBLIQUE, DES INSTITUTIONS, DES PERSONNES ET DE LEURS OPINIONS. »


Mon commentaire :

C’est bien.
L’injure ne fait partie ni de nos traditions, ni de nos éducations familiales. Le débat est une source immense de culture générale et peut amener à recadrer sa vision des choses. Le débat a aussi un aspect pédagogique non négligeable. Savoir débattre est un bel apprentissage de la vie communautaire, du savoir vivre en général et de la pratique de la démocratie dans une société qui se veut évoluer. Le dictionnaire français nous enseigne que « débattre c’est discuter, examiner de façon contradictoire, avec une ou plusieurs personnes ». Ces 3 verbes n’ont rien de violent, rien de négatif. Le groupe "Le Cameroun c'est Le Cameroun" (LCCLC) est important par le nombre de ses membres et par son orientation dans les débats contradictoires. Au fil des années, la maturité de ses membres et la qualité des débats initiés par les uns et les autres doivent être perceptibles et bénéfiques à tous. Il faut savoir tirer profit des expertises, des expériences accumulées, des idées talentueuses de la jeunesse, etc, dès lors qu’elles sont librement partagées.

Lien du Forum LCCLC: www.facebook.com/groups/LCCLC | Photo: INSPIKS, via Flickr.
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Mes Meilleurs Voeux 2014 à Tous

mardi, décembre 31, 2013
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Happy New Year 2014!

Le 1er Janvier, jour qui annonce une nouvelle année, a ceci de privilégié qu’il fait partie de l’universalité largement partagée.

Que cette année 2014 apporte à tous les pays de notre Planète et à tous les Citoyens du Monde, beaucoup de paix, de sécurité, de bien-être, d’humanisme, de solidarité, de concorde, de justice, de partage, de bienveillance et de joie de vivre.

Le 1er janvier rappelle aussi l’indépendance en 1960 de mon pays le Cameroun. S’en souvenir tous les ans est un DEVOIR de mémoire et d’héritage. C’est parallèlement une OBLIGATION de réussite dans tous les domaines de la vie, d’une vie individuelle, familiale, collective et prospère à tous égards dans un État jaloux de son unité et en perpétuelle mutation dans le sens de son développement économique et social.

A tous les Camerounaises et à tous les Camerounais de tous âges, Heureuse Année 2014 dans la concorde.

Photo: Shayne Gray, via Flickr.

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Mon témoignage sur les problèmes d’eau potable a Bastos.

lundi, décembre 23, 2013
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bucket of water

J’habite le quartier Bastos depuis 1975. Le quartier Bastos est réputé de tout temps être le quartier résidentiel de Yaoundé, la capitale du Cameroun. C’est un quartier qui a en outre la particularité de regrouper en son sein la majorité des Ambassades et des résidences d’Ambassadeurs. Les Camerounais pourraient penser que les coupures à durée indéterminée et intempestives d’eau potable sont le lot des quartiers populaires. Hélas non. Nous, résidents de Bastos, nous sommes vraiment fatigués et étonnés des coupures d’eau dans ce quartier qui durent souvent plusieurs jours depuis environ deux ans. Tous les jours, je m’exclame en disant ceci : quelle est cette panne qui ne s’arrange jamais?

J’avais deux oncles ambassadeurs qui sont malheureusement décédés, feus Messieurs Philémon Bep à Don et Salomon Bakoto. Étant économiste-financier de formation, ils n’ont eu cesse de me demander de toujours me rappeler de la phrase suivante : « Chère fille, il faudra toujours te souvenir de ce que la diplomatie est fondée sur la réciprocité ». Si tous ces ambassadeurs qui vivent dans notre pays, à Yaoundé au quartier Bastos, décident de rendre la monnaie à nos compatriotes vivant dans leurs pays respectifs, comment le saurions-nous? Je suis allée jusqu’à soupçonner que leur rudesse à délivrer des visas aux Camerounais pourrait s’expliquer par cette difficile condition de vie, pas hygiénique du tout (par exemple, vider les toilettes tout le temps en puisant de l’eau dans les bassines, en sachant que les réserves d’eau ne tiennent pas longtemps).

Nous avons tous appris à l’école primaire que, je cite : «l’eau potable est incolore, inodore et limpide». Ma petite fille me dit tout le temps, « Maa à Goué, c’est sale, l’eau est sale!». Notre eau potable de Bastos est marron, avec un dépôt pâteux au fond des bassines.
Que faut-il donc faire pour résoudre définitivement ce curieux et étonnant problème d’eau potable dans notre Pays?

Téléchargez le magazine en cliquant sur: Mon Programme de Société
Chapitre III, Groupe d'action 9: L’eau potable gratuite aux familles, aux Centres des handicapés et aux orphelinats officiellement agréés par l’État, page 38.

Photo: Hoshan, via Flickr.

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L'Afrique est en deuil. Le Président Nelson Mandela est décédé.

mardi, décembre 10, 2013
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Nelson Mandela

En Afrique comme vous le savez, un GRAND ne meurt pas dehors. Même à la dernière seconde de sa vie terrestre, le Président Mandela nous surprend à nouveau en respectant cette vénérable tradition de nos Ancêtres du Continent. Je lui dis Merci pour cela aussi. Que le Continent Africain veuille bien retenir ce signe fort d’un de ses illustres enfants, un précieux héritage à perpétuer par les Africains. Dans mon village, c’est une tradition non négociable.

Tout a été dit et tout sera toujours dit sur l’immense œuvre du Président Mandela, l’icône mondial de la lutte pour la liberté, l’humanisme, la justice et l’égalité pour tous.

En tant qu’Africaine, le Président Mandela laisse aux Peuples d’Afrique un très grand Héritage de combattant contre les menottes de la servitude, de l’autocratie, de la dictature, de la ségrégation raciale, du racisme, de l’exclusion sociale, de l’injustice, de la misère du grand nombre, des intérêts partisans…

Mort, l’immense œuvre de Madiba rentre majestueusement dans l’histoire de l’Humanité et fait désormais partie de l’Héritage légué aux Africains. Décryptons la comme un Guide-dictionnaire pour nous en inspirer, suivre ses pas, son courage, son engagement pour son pays, son pragmatisme dans l’action, sa vision égalitaire des citoyens de ce monde. Ce fut un Homme de convictions, d’actions, de justice, de dialogue et de consensus, d’amour illimité pour son pays; un Homme d’une grande humilité proche de ses concitoyens de toutes les couches sociales, de toutes les races, de toutes les religions.

Les problèmes qu’il a affrontés et résolus dans son pays, l’Afrique du Sud, en si peu de temps comme Chef d’État, sont quasiment les même sous des formes diverses dans bon nombre de pays africains même s’ils sont politiquement enveloppés dans le masque de la Démocratie.

S’agissant de la démocratie, n’oublions pas que le Président Mandela prend les rênes du pouvoir à 76 ans et qu’il n’a dirigé son pays comme Président de la République que pendant 5 ans, de 1994 à 1999. Estimant qu’il n’était pas indispensable, le Président Mandela avait organisé et transférer en douceur le pouvoir et son parti l’ANC avant la fin de son deuxième mandat. Quel autre bel exemple de respect des intelligences nationales et de respect de l’alternance des générations dans la gestion harmonieuse et temporelle d’un État! Ce fut un démocrate accompli.

En filigrane, le message que le Président Mandela laisse aux Africains est clair : cessons de pleurnicher sur nos malheurs et de discourir vainement.

L’histoire de l’Humanité retiendra qu’à chaque étape de son évolution, l’Afrique imprime aussi ses marques:
  1. Une des premières civilisations nous vient de l’Égypte Antique c’est-à-dire de l’Afrique et tout n’y est pas encore découvert et révélé; 
  2. Ce siècle fait sa révérence à un GRAND HOMME AFRICAIN, un Sage d’un charisme lumineux, Nelson Mandela, qui s’est donné en sacrifice pour son pays et pour son peuple depuis son jeune âge et fait triompher les droits élémentaires des êtres humains sans discriminations liées à la couleur de la peau. La planète lui rend un hommage appuyé pour cela, pour ce sacrifice émouvant, conquérant et victorieux.

Avec ça, Continent de tous les malheurs, n’est-on pas fier d’être Africain? Mais, suffit-il seulement d’être fier, pourrait nous répliquer le Président Mandela là où il se trouve en ce moment. Une chose est déjà bien : les Africains aiment toujours rappeler qu’ils sont Africains.

Merci, Président, pour ce précieux Héritage.

Que le Président Mandela repose en paix.
Ses belles œuvres pour son pays et pour l’humanité entière le suivront éternellement.

Que les Sud-Africains s’approprient et pérennisent cet hommage planétaire rendu à leur Héro pour son immense œuvre à dimension pédagogique qui a fait basculer la douloureuse histoire de l’apartheid vers les sommets des réussites humanitaires.

Que les Sud-Africains s’engagent aussi face au monde, à boucler cette œuvre immense par la levée de leur politique de quotas et de différentiel dans les salaires.

Photo: Bernard Bujold, via Flickr.
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Le Paradoxe de Leadership Africain au Sommet France-Afrique

vendredi, décembre 06, 2013
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Que se passe t-il réellement à Paris en ce moment à l’initiative du Président de la République Française?

Ma réponse est simple. C’est le double paradoxe :
  1. d’une France qui sans ambages, sans honte et face au monde, rend compte de son diagnostic et du bilan de sa coopération avec la nouvelle Afrique, dite indépendante et démocratique, intégrée tant bien que mal dans la mondialisation. 
  2. Et d’une Afrique en rang dispersée, représentée par ses plus hauts dirigeants, au sommet des États, sans bilan ni diagnostic, sans concertation préalable au sein de l’Institution Panafricaine rebaptisée Union Africaine en lieu et place de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et pourtant les nouveaux enjeux sont de taille. L’OUA, née avec les indépendances africaines, avait au moins le mérite des mots et slogan forts et rassembleurs comme guides pour les Africains. 

Mon 1er constat : 

Le Continent Africain souffre d’un manque chronique de leadership stratégique face aux enjeux majeurs du nouveau visage du bilatéralisme, du multilatéralisme, de la mondialisation et des nouveaux concepts qui sous-tendent désormais les relations entre États, relations prioritairement économiques, commerciales et financières qu’on nomme « Partenariat gagnant/gagnant » ou encore « Partenariat de co-localisation », etc… 

Je propose aux Africains et notamment aux Experts Seniors Africains de suivre attentivement ce sommet très particulier FRANCE-AFRIQUE en cours pour lequel je rends hommage au Président de la République Française et à son Gouvernement quant aux thèmes inscrits à l’ordre du jour pour en dégager des constats, des conclusions et des initiatives positives vu d’Afrique. C’est ce que j’ai choisi de faire.

Mon 2e constat : 

La France a arrêté l’ordre du jour du sommet France-Afrique grosso-modo en deux volets:
  • Un volet économique et commercial animé par le Ministre Français de l’Économie et des Finances, et clôturé par le Président François Hollande le 4 décembre dernier
  • Et un volet politique et sécuritaire sous la houlette du Président de la République Française en présence des Chefs d’État et de Gouvernement du Continent Africain les 6 et 7 décembre en cours. 
Cet ordre du jour n’a malheureusement subi aucune amélioration côté Africain par l’inscription de quelques thèmes fondamentaux à caractère général sur les problèmes identiques qui minent le Continent telle la généralisation et l’aggravation de la pauvreté qui mérite débat quant au fond avec la France soucieuse de la sécurité du Continent. En effet, sans sécurité, il n’y a pas de possibilité de business efficace. A contrario, sans développement et partage du fruit du travail de tous, il ne peut y avoir de sécurité durable.

J’observe en outre que l’important thème sur le volet économique traité à Bercy n’a pas suscité beaucoup d’intérêts auprès des Chefs d’État Africains. Seuls trois Chefs d’État Africains y ont pris part. Hélas pour l’Afrique car c’est le volet économique non maîtrisé depuis les indépendances en terme de combat contre le sous-développement qui est à l’origine de tous les malheurs du Continent parce que la pauvreté financière s’apparente toujours à l’exclusion, au sectarisme, au tribalisme, au clanisme et fait naître frustrations et sentiments de révolte couvés ou violemment exprimés par les populations et en tout cas, un goût amer des laissé-pour-compte. Sécurité intérieure, développement économique et social, emploi rémunéré pour tous, juste partage des bienfaits de la nature et du travail collectif sont intimement liés dans la gouvernance d’un État qui se veut prospère, équitable et paisible.

L’Afrique doit toujours mettre sur la table des discussions et des négociations interafricaines et internationales la fondamentale question de la pauvreté financière des 4/5e de sa population et sans honte. C’est une question technique et stratégique pour toute politique de coopération, de partenariat, de développement économique et social des pays du Continent in fine.

Mon 3e constat : 

S’agissant d’un sommet France-Afrique et non de la Francophonie, nous Africains devons comprendre que les 54 pays Africains seront désormais en compétition face à la France. Sur ce point et au regard des discours et conclusions des travaux de BERCY relayés par les médias français, les Autorités Françaises sont très claires dans le type de relations d’affaires que la France entend désormais engager avec les pays africains sans exclusive, en sachant que le Continent Africain n’est pas une entité économique et monétaire uniforme.

Mon 4e constat : 

Fort de ce qui précède, nous Africains des pays membres de la Zone Franc, devons convier tous nos Chefs d’État à inscrire à l’ordre du jour de ce sommet la fondamentale question de l’avenir de la Zone Franc et du franc CFA. C’est à mon avis un point important additionnel côté Afrique de l’ordre du jour arrêté par la France car il s’agit bel et bien d’un sommet de Chefs d’État. Il faut en débattre désormais, ne s’agissant pas d’un thème protocolaire mais de développement économique.

Je considère que les autres points tout aussi importants qui méritent débat avec le Président de la République Française et son gouvernement car impliquant plusieurs de ses ministres, sont consignés dans l’interview accordée par le Ministre Français de l’Économie et des Finances, Monsieur Pierre Moscovici, au journal Jeune Afrique. La pertinence, l’acuité et l’actualité des thèmes rassemblés dans les 13 questions posées par deux journalistes de Jeune Afrique MM Julien Clémençot et Frédéric Maury le mardi 3 décembre 2013 méritent d’être décryptées et analysées quant au fond par les deux parties pour dégager des solutions efficaces et pérennes. Les délégations africaines à ce sommet de Paris doivent s’en approprier. Qu’on aime Jeune Afrique ou pas, qu’on aime son illustre fondateur Monsieur Béchir Ben Yahmed ou pas, il est à mes yeux un monument de l’histoire de l’Afrique depuis les indépendances. Qu’il trouve ici l’expression de mon hommage appuyé pour la qualité de son immense expertise, sa persévérance, son courage et le professionnalisme courtois de ses équipes. Nos Ancêtres l’en récompenseront, l’Afrique n’ayant pas de Prix Nobel pour que des Africains qui comme moi partageant la même appréciation, s’activent à ce qu’un tel prix lui soit accordé. L’Union Africaine pensera peut-être un jour à mettre sur pied ce genre de prix prestigieux pour honorer tous ceux et celles qui contribuent à l’évolution du Continent.

Mon 5e constat : 

Si la question de savoir pourquoi débattre avec la France de l’Avenir de la Zone Franc et du FCFA m’était posée, je répondrai ceci :

Le Franc CFA que le Général De Gaulle crée pour l’Afrique noire francophone à la suite de la décolonisation politique et administrative des pays concernés était une devise au même titre que le Franc Français. Nous faisions nos achats dans tous les pays de la Zone Franc, en France et partout ailleurs avec cette monnaie. En outre, elle était rattachée au Franc Français à parité égale ce qui n’est plus le cas. J’en connais parfaitement l’histoire, ayant eu le privilège d’avoir comme Professeur de monnaie dans les années 1970 à l’Université de Grenoble l’Inventeur de cette monnaie « à la demande du Général De Gaulle » pour maintenir sous une forme moins visible de néocolonialisme la présence française dans ces pays Africains francophones au Sud du Sahara. Ce Professeur avait dû nous expliquer toute l’histoire du FCFA à mon camarade Béninois d’amphi et moi la Camerounaise parce qu’il ne souhaitait pas que nous perdions notre temps à faire des recherches académiques que nous programmions sur cette monnaie qui ne devait faire l’objet d’aucun écrit.

(Cliquer pour agrandir)

S’agissant d’une décision et d’un instrument à connotation politique, la gestion du FCFA était confiée au Trésor Français et non à la Banque de France. Ayant en outre été Censeur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) dans les années 1989/90, j’ai eu un autre privilège, celui d’avoir signé les billets de banque CFA (voir photo ci-dessus), participé aux différents conseils d’Administration de la BEAC et aux réunions de la Zone Franc. On parle de tout dans les réunions de la Zone Franc sauf du franc CFA. C’est un constat qui a consolidé en moi les révélations de mon Professeur de monnaie de Grenoble et modifié mes approches de politique économique pour les pays membres de la Zone Franc.

Pourquoi ce mystère entretenu par la France sur le franc CFA? Pourquoi ce tabou?

De mon point de vue, ce tabou ne peut et ne doit plus exister tant du côté de la France que du côté de l’Afrique Zone Franc. Pour quatre raisons :
  1. Le franc CFA était rattaché au franc français. Le franc français n’existe plus.
  2. La forte dévaluation du FCFA de Janvier 1994 a tué le FCFA comme devise. L’actuel FCFA n’est que du papier.
  3. La division de la Zone Franc en Zone BEAC avec son FCFA d’une part et en Zone BCEAO avec son FCFA d’autre part a définitivement tué le FCFA comme monnaie communautaire et comme monnaie d’échanges et tué la Zone Franc elle-même comme espace monétaire communautaire. Pour aller du Cameroun, un pays de la Zone BEAC à n’importe quel autre pays de la zone BCEAO, il faut avoir sur soi des euros ou des dollars US. Personne n’y accepte les francs CFA de la Zone BEAC et vice versa. Le constat est simple : le franc CFA est devenu depuis 1994, une simple monnaie domestique. Dès lors, quel intérêt d’avoir la 5e Puissance Mondiale comme partenaire et tutelle d’une monnaie purement domestique?
  4. Le franc CFA actuel contribue à appauvrir les États Membres et les Citoyens de la Zone Franc dans toutes leurs opérations de change. Quand on sait par exemple que nos États importent tout aujourd’hui, y compris la nourriture (riz, maquereau, huile, etc…), chacun peut faire le calcul des coûts additionnels en devises. Il ne peut y avoir accumulation de recettes budgétaires et de richesses nationales dans ces conditions.

Les Chefs d’État des pays Africains de la Zone Franc et le Président de la République Française doivent admettre qu’à l’heure des sommets désormais baptisés France-Afrique avec une forte orientation économique, commerciale et sécuritaire, la fondamentale question de l’Avenir du franc CFA et de la Zone Franc ne peut plus être éludée. Il faut en débattre et dégager de nouvelles orientations monétaires stratégiques pour cette Afrique qui doit impérativement se développer pour garantir sa sécurité tout en sachant que la monnaie est un instrument clé de politique économique.

C’est désormais un débat exclusivement technique. Nous ne sommes plus à l’ère des « ismes » (impérialisme, colonialisme…) mais à l’ère de la mondialisation et des alliances par Continent. L’abandon par les Autorités Françaises des sommets de la Francophonie qualifiées par les Africains de « néo-colonialisme » pour des sommets FRANCE-AFRIQUE renforce cet impératif de débattre de l’avenir à très court terme du FCFA et de la Zone Franc. Les pays membres de la Zone Franc doivent en être conscients car ils doivent se préparer à être compétitifs dans la nouvelle vision africaine de la France. Du fait des avantages comparatifs des États, ça peut très bien se passer et être bénéfique pour les deux parties car, non seulement il subsistera toujours pour beaucoup d’Africains et pour beaucoup de Français ce sentiment de premier amour avec ses hauts et ses bats historiques, mais aussi parce que nous sommes nombreux, Experts Africains Seniors à bien connaitre la France pour avoir étudié en France et avoir travaillé avec le Patronat français, des opérateurs économiques et financiers français de renom d’une part ; et ils sont nombreux Experts Français Seniors à bien connaitre l’Afrique dans toutes ses facettes d’autre part, chaque partie maîtrisant des domaines de compétences précis qu’il faudra fédérer avec à la clé, la confiance mutuelle.

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Récession et Synergie Mondiale Des Savoir-faire

jeudi, juin 14, 2012
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Solo una moneda
"Solo una moneda", photo par Switch  625 (Flickr)

Depuis la spectaculaire crise boursière et financière de 2008 et malgré le diagnostic fait, les Dirigeants du Monde n’ont pas encore réussi à résoudre toutes ses conséquences négatives sur l’économie mondiale, celle des Etats pris individuellement, et sur les principales victimes.


Les Banques, les États et les Citoyens Victimes des crises financières, économiques et monétaires mondiales.


Comment s’en sortir…
Qui aujourd’hui peut d’ores et déjà évaluer les coûts sociaux de cette crise 2008 que supporteront sans aucun doute les États? Les synergies mondiales en cours pour gérer à l’unisson les restructurations financières qu’impose cette crise joueront-elles aussi pour gérer les problèmes sociaux conséquents des États pris individuellement?
Le Raz de Marée Planétaire, P.7, Octobre 2008
Tous les grands pays capitalistes riches étant financièrement déstabilisés par cette crise 2008 en terme de liquidités, qui prêtera aisément à qui en cas de besoin pour financer la relance?
Le Raz de Marée Planétaire, P.12, Octobre 2008


SYNERGIES, NEUTRALITÉ 


Une expertise et un regard neutre sont indispensables. C’est ça aussi la mondialisation, les synergies d’expertises et d’expériences de terrain de tous bords, de toutes les Nations.


Des solutions sur mesure. Chaque pays a ses spécificités. Certains comme la Grèce sont surendettés. D’autres comme la Chine sont surliquides.


DÉCORTIQUER, DÉPLOYER


C’est cette autre expertise qu’il faut rechercher à travers le monde, en complément aux expertises nationales. C’est cet autre regard neutre, ces autres expertises et expériences de terrain qui allient les problèmes de développement et de coopération ; de bonne gouvernance et de sécurité ; de management stratégique ; de trésorerie et de financement ; de choix des investissements ciblés ; de croissance soutenue et d’acteurs courageux de la croissance par l’emploi et pour l’emploi ; de gestion performante de l’économie réelle et immatérielle ; de rationalisation des équilibres budgétaires ; des capacités d’endettement et d’autofinancement des États ; des capacités bénéficiaires des entreprises ; de redéploiement encadré et surveillé de l’ensemble du secteur bancaire, boursier et financier mondial, sous-bassement incontournable de la croissance et du développement.


Les crises financières répétitives des pays locomotives de l’économie mondiale en particulier et celles des pays en développement ont des impacts négatifs catastrophiques sur beaucoup de choses, notamment sur : La croissance, les équilibres budgétaires et la maitrise de la dette des États Les trésoreries et les capacités bénéficiaires et d’autofinancement des entreprises et des banques Les actifs des banques, des Banques Centrales et des Institutions financières Les grandes monnaies internationales que sont le dollar US, l’euro, le yen et la livre sterling Le fonctionnement chaotique des grandes places boursières mondiales L’emploi Les citoyens de la quasi-totalité des pays y compris des pays émergents (pourtant à fort taux de croissance pour certains) à cause des suppressions intempestives des emplois, du sous-emploi rampant et de la perte de valeur du paramètre vital qu’est le travail.


CONTRÔLER, MAÎTRISER


Toutes les mesures prises par les États moteurs de ces crises à savoir les États-Unis en octobre 2008 et l’Union Européenne en octobre 2011, opposent systématiquement les marchés boursiers, les banques et les États aux Citoyens.


Il faut corriger ces dysfonctionnements à la fois conjoncturels et structurels des monnaies, des systèmes financiers et bancaires, du train de vie des États et influencer les offres d’emploi.


LE CAS PAR CAS

Ma conviction est qu’une gamme infinie de solutions pratiques au cas par cas existent dans chaque pays (mais on n’est jamais prophète chez soi) et partout dans le monde grâce à une multitude d’expertises et d’expériences multiformes accumulées sur le terrain au fil des ans par un nombre inimaginable de personnes connues ou pas.


La Planète Terre est malade.

Tous ceux des citoyens de notre Planète qui détiennent ne serait ce qu’un micron de solutions pratiques devraient être recherchés pour cette cause majeure. Plusieurs comme moi observent parfois étonnés, l’embrouillement face à des solutions souvent évidentes et simples de conception et d’application. Le cerveau humain du monde actuel est malheureusement très compliqué pour la recherche et la mise en œuvre de solutions pratiques aux problèmes vitaux de l’Humanité, de la gestion de l’intérêt général et des Citoyens de tous âges, premières victimes des profonds dysfonctionnements de l’économie mondiale.

Dès lors, ce serait bien qu’une synergie internationale soit suscitée et mobilisée par les Dirigeants du monde qui en ont l’Autorité. Cette orientation devrait intéresser au premier chef les Nations Unies car un Monde qui traverse tant de crises cumulées et de nature différente dans différents domaines ne peut connaitre la PAIX, son principal cheval de bataille statutaire. Le chômage, la famine, la maladie, la sous-scolarisation ; l’injustice sociale, la pauvreté, la démocratie bafouée ne seront jamais amis de la Paix.


Le cordonnier étant toujours mal chaussé comme on le sait, je propose que chaque Gouvernant confronté aux épineux problèmes actuels de surendettement, de récession et d’un chômage devenu quasi-structurel partout dans le monde investisse un peu de son temps dans le petit exercice pratique qui suit (cliquez l'image ci-dessous pour agrandir) pour vérifier ses propres capacités à les résoudre. En effet, les Gouvernants sont de par les pouvoirs conférés à leur fonction, les seuls maitres habilités à initier les axes de politique économique de la Nation.

Exemple d'un exercice, "Comment s'en sortir...", Novembre 2011, P.10, proposé par Dr Esther Dang


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